Goulotte de climatisation : dimensions, pose et prix 2026
La goulotte cache et protège la liaison frigorifique, le câble et le tuyau de condensats. On vous explique comment choisir sa section (60×45, 80×60, 110×75), reconnaître une pose propre et budgéter le mètre linéaire.
En bref : la goulotte de climatisation
La goulotte de climatisation est un profilé PVC qui protège et masque la liaison frigorifique, le câble d’alimentation et le tuyau de condensats entre l’unité extérieure et les unités intérieures. La section la plus courante est le 80×60 mm ; comptez 6 à 12 € le mètre en fourniture, et 25 à 45 € le mètre posé.
- 60×45 mm : suffisant pour un monosplit avec liaison 1/4″-3/8″.
- 80×60 mm : la section passe-partout, monosplit généreux ou bisplit.
- 110×75 mm : trisplit, quadrisplit ou grosses liaisons.
- Le tuyau de condensats doit descendre en pente continue de 1 à 2 cm par mètre.
- Une goulotte se peint, à condition d’utiliser une peinture compatible PVC avec primaire d’accrochage.
À quoi sert une goulotte de climatisation
Entre le groupe extérieur et chaque unité intérieure circulent trois choses : la liaison frigorifique (deux tubes de cuivre isolés, liquide et gaz), le câble d’interconnexion, et le tuyau d’évacuation des condensats. Ce faisceau laissé nu contre un mur, c’est l’installation « à la sauvage » : peu esthétique, et surtout vulnérable.
La goulotte remplit quatre fonctions. Elle protège mécaniquement les tubes de cuivre, mous et déformables au moindre choc. Elle protège l’isolant : la mousse élastomère qui entoure le cuivre se fendille en quelques saisons sous les UV, et l’installation perd alors en rendement tout en produisant de la condensation le long du mur. Elle discipline le tracé. Enfin, elle uniformise la façade : un profilé rectiligne se fond bien mieux qu’un serpentin de mousse grise.
Point souvent négligé : la goulotte n’est pas étanche par conception, elle draine naturellement. Ce n’est ni un fourreau, ni un conduit remplaçant un manchon au passage de mur. C’est un capot de protection et de finition — mais bien posé, il change tout. Voir aussi notre guide de l’installation de climatisation.
Quelle dimension de goulotte choisir
Les goulottes de climatisation se vendent en sections normalisées, exprimées en largeur × profondeur (mm), le plus souvent en barres de 2 mètres : 60×45, 80×60, 110×75, plus quelques formats spécifiques selon les gammes et des profilés plats type 80×25 pour un simple câble ou un condensat isolé.
Le raisonnement est simple : additionnez les diamètres extérieurs de tout ce qui doit passer, isolant compris, puis ajoutez 30 à 40 % de marge. Un tube 1/4″ (6,35 mm) avec 9 mm d’isolant fait environ 25 mm hors tout, un 3/8″ 28-30 mm, un 1/2″ 32-35 mm. Ajoutez 16 à 20 mm de condensats et 10 à 12 mm de câble : un monosplit standard sature déjà un 60×45.
Cette marge sert à cintrer proprement dans les angles, à ne pas écraser l’isolant (comprimé, il crée un point de condensation), et à laisser la possibilité d’ajouter une liaison si vous passez d’un monosplit à un multisplit.
| Configuration | Contenu à faire passer | Section conseillée |
|---|---|---|
| Monosplit, petite puissance (2 à 3,5 kW) | 1 liaison 1/4″-3/8″ + câble + condensats | 60×45 mm |
| Monosplit, forte puissance (5 à 7 kW) | 1 liaison 1/4″-1/2″ + câble + condensats | 80×60 mm |
| Bisplit (2 unités intérieures) | 2 liaisons + 2 câbles + 2 condensats | 80×60 mm |
| Trisplit ou quadrisplit | 3 à 4 faisceaux complets | 110×75 mm |
| Tronçon terminal (dernier mètre vers une unité) | 1 faisceau seul après dérivation | 60×45 mm + réduction |
| Câble ou condensats seul, en intérieur | Câble ou tuyau isolé | 80×25 mm (profilé plat) |
En multisplit, la bonne pratique consiste à descendre en section au fil des dérivations : un tronc commun en 110×75 réduit en 80×60 puis en 60×45 sur les derniers mètres, grâce aux pièces de réduction de la gamme. C’est bien plus discret qu’un 110×75 qui court jusqu’au bout du mur pour n’y transporter qu’une liaison.
Matériaux, coloris et peinture
L’immense majorité des goulottes de climatisation sont en PVC rigide traité anti-UV : léger, imputrescible, découpable à la scie à onglet, résistant au gel et au soleil. Les gammes sérieuses sont livrées avec un couvercle clipsable en deux parties, qui permet de rouvrir la goulotte plus tard sans tout démonter.
On trouve aussi de l’aluminium ou de l’acier laqué, souvent deux fois plus chers, réservés aux façades très exposées, au tertiaire ou aux zones accessibles au public : plus durables, mais plus délicats à mettre en œuvre.
Côté coloris, les fabricants proposent surtout du blanc et de l’ivoire (ton crème, proche des enduits traditionnels), plus ponctuellement gris, marron et beige sable. L’erreur classique : le blanc pur par défaut sur une façade crépie ton pierre, où le contraste saute aux yeux.
Peut-on peindre une goulotte de climatisation ? Oui, et c’est le moyen le plus efficace de la faire disparaître. Le PVC n’accepte pas la peinture directement : il faut un primaire d’accrochage spécial PVC, sur une surface dégraissée à l’alcool ménager et égrenée au papier abrasif fin. Deux couches fines valent mieux qu’une couche épaisse, qui craquellerait aux jonctions. Peignez les éléments à plat, avant clipsage définitif. Repeinte à la teinte exacte du mur lors d’un ravalement, une goulotte devient quasiment invisible à trois mètres.
Une pose propre : pente, angles, jonctions, passage de mur
Une pose réussie se joue sur cinq points, tous vérifiables à l’œil nu depuis le jardin.
1. Le tracé. La goulotte doit suivre les lignes du bâti : une descente d’eau pluviale, un joint de maçonnerie, un angle de mur — jamais une diagonale au milieu d’une façade. Le tracé le plus court n’est pas toujours le plus discret.
2. La pente des condensats. Le point technique le plus important. Le tuyau fonctionne par gravité : il lui faut une pente descendante continue de 1 à 2 cm par mètre, sans contre-pente ni point bas où l’eau stagnerait. Une goulotte posée parfaitement « au niveau » sur toute sa longueur est un piège classique : le tuyau suit la goulotte, l’eau ne s’écoule plus, et l’unité intérieure finit par déborder. Règles complètes dans notre guide sur l’évacuation des condensats.
3. Les angles et les jonctions. Chaque changement de direction se fait avec l’accessoire dédié de la même gamme : angle intérieur, angle extérieur, angle plat, té de dérivation, manchon, réduction, bouchon terminal. Une goulotte coupée en biais à la scie et rabibochée au silicone se voit immédiatement, et mélanger deux gammes laisse des jeux de quelques millimètres aux raccords.
4. La fixation. Le socle se fixe par chevilles adaptées au support tous les 40 à 50 cm, et de part et d’autre de chaque angle. Les goulottes de qualité sont pré-percées, ce qui évite de fendre le PVC. Sur une façade avec isolation par l’extérieur, il faut des chevilles longues allant chercher le porteur : fixée dans l’isolant seul, la goulotte se déchausse en deux hivers.
5. Le passage de mur. C’est là que se joue l’étanchéité, et cela ne se traite pas avec la goulotte. Le percement se fait avec une légère pente vers l’extérieur (environ 5 mm), équipé d’un manchon traversant, rebouché au mortier, fini au mastic élastomère de façade côté extérieur et par une rosace côté intérieur. La goulotte vient se terminer en recouvrement du percement, jamais l’inverse.
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Les erreurs qui font moche ou qui fuient
La goulotte est le détail qui trahit la qualité d’un chantier. Voici les défauts les plus fréquents.
La goulotte sous-dimensionnée. Le couvercle bâille, on aperçoit l’isolant par les fentes. À l’intérieur, les tubes sont écrasés et l’isolant comprimé : c’est là que la condensation apparaît et qu’une trace d’humidité finit par descendre sur le mur.
Le tuyau de condensats en contre-pente. Invisible de l’extérieur, il se manifeste par des gouttes tombant de l’unité intérieure quelques semaines après la mise en service. Première cause de rappel SAV.
Les coupes bricolées. Angles taillés à main levée, morceaux rapportés, silicone étalé pour masquer les jeux. Le silicone jaunit en une saison et accroche la poussière : la réparation devient plus visible que le défaut.
Le tracé en diagonale. Une goulotte qui traverse la façade en biais pour gagner deux mètres de liaison : gain matière dérisoire, préjudice visuel permanent.
Le percement sans pente ni mastic. Par vent de pluie, l’eau remonte le long des tubes et s’infiltre. On la découvre des mois plus tard, sous forme d’une auréole au niveau de la rosace.
L’extrémité laissée ouverte. Sans bouchon terminal, c’est un nid à insectes et à poussière, et l’isolant se dégrade par l’ouverture.
La goulotte non traitée UV. Une goulotte électrique d’intérieur détournée en extérieur jaunit et devient cassante en deux ou trois étés : quelques euros économisés au mètre, une dépose complète à payer.
Ces défauts arrivent rarement seuls : une goulotte bâclée accompagne souvent une liaison mal tirée au vide. Notre article sur les erreurs à éviter en climatisation passe en revue les autres signaux d’alerte, et celui sur le bruit et le voisinage traite du positionnement de l’unité extérieure, qui conditionne le tracé.
Prix au mètre et prix posé
Deux budgets à distinguer : la fourniture (profilé et accessoires) et la pose (le temps de l’installateur, souvent inclus dans le forfait d’installation).
| Type / section | Prix fourniture (par mètre) | Prix indicatif posé (par mètre) |
|---|---|---|
| PVC 60×45 mm (barre de 2 m) | 5 à 8 € | 25 à 35 € |
| PVC 80×60 mm (barre de 2 m) | 7 à 12 € | 30 à 40 € |
| PVC 110×75 mm (barre de 2 m) | 10 à 18 € | 35 à 50 € |
| Aluminium ou acier laqué | 20 à 40 € | 50 à 80 € |
| Accessoires (angle, té, réduction, bouchon) | 3 à 12 € la pièce | inclus au linéaire |
| Passage de mur (percement + étanchéité) | — | 60 à 150 € le point |
Sur un devis, la goulotte apparaît en ligne « habillage » chiffrée au mètre linéaire, ou fondue dans un forfait « liaison frigorifique jusqu’à X mètres ». Dans les deux cas, exigez que la longueur et la section soient écrites noir sur blanc : « goulotte 80×60 blanche, 6 ml, angles et bouchons compris » est nettement plus fiable qu’un simple « habillage ».
Côté fiscalité : posée par un professionnel dans le cadre de l’installation d’une climatisation réversible dans un logement de plus de deux ans, la goulotte bénéficie du même taux de TVA réduite à 5,5 % que l’équipement, matériel et main-d’œuvre confondus. Achetée seule en magasin de bricolage, elle reste au taux normal. Pour situer le poste dans le budget global, voyez notre page prix d’une climatisation en 2026.
L’alternative : encastré, combles, gaine technique
La goulotte n’est pas une fatalité. Il existe trois façons de faire disparaître complètement les liaisons.
Le passage en combles ou en faux plafond. La solution la plus élégante en maison individuelle : les liaisons traversent le mur en haut de façade puis courent dans les combles jusqu’à chaque unité, qui reçoit son faisceau juste derrière l’appareil. Zéro goulotte visible. Deux précautions : liaisons parfaitement isolées en volume non chauffé, et pente du condensat maintenue jusqu’au point d’évacuation, ce qui impose parfois une pompe de relevage.
L’encastrement dans le mur (saignée). Visuellement parfait, techniquement engageant : la liaison devient inaccessible, une fuite oblige à rouvrir le mur, et la saignée est très encadrée dans les murs porteurs et en copropriété. À réserver à la rénovation lourde ou au neuf, avec un fourreau laissant la liaison remplaçable.
La gaine technique ou le coffre. En appartement, passer par une gaine existante ou un coffret menuisé relève de la même logique : voir notre page climatisation en appartement, où la copropriété pèse lourd.
Deux cas particuliers évitent la question. Le climatiseur gainable passe par nature dans les combles : pas de liaison apparente, seulement des grilles de soufflage. Et le climatiseur sans unité extérieure supprime la liaison frigorifique, au prix de deux grilles en façade.
Ce choix se décide avant le chantier, pas pendant : un installateur qui propose spontanément un passage en combles plutôt qu’un long tracé en façade pense à votre résultat final.
Questions fréquentes
Quelle taille de goulotte pour un climatiseur monosplit ?
Un 60×45 mm suffit pour un monosplit de 2 à 3,5 kW avec liaison 1/4″-3/8″. Au-delà de 5 kW, ou si vous envisagez une seconde unité plus tard, prenez du 80×60 mm : 2 à 4 € de plus par mètre, et l’isolant n’est pas écrasé.
Peut-on peindre une goulotte de climatisation ?
Oui. Dégraissez à l’alcool ménager, égrenez au papier abrasif fin, appliquez un primaire d’accrochage spécial PVC, puis deux couches fines de peinture façade compatible plastique. Peignez de préférence les éléments à plat avant clipsage. La goulotte peinte à la teinte du mur devient quasiment invisible.
La goulotte est-elle obligatoire ?
Aucun texte ne l’impose de façon générale, mais elle est indispensable en pratique pour protéger l’isolant des UV et des chocs. En copropriété ou en secteur protégé, le règlement ou l’Architecte des Bâtiments de France peut imposer un coloris précis, voire un passage non apparent.
Une goulotte peut-elle fuir ou laisser passer l’eau ?
La goulotte elle-même n’est pas étanche et n’a pas à l’être : elle draine naturellement. Les fuites viennent presque toujours d’ailleurs — un passage de mur percé sans pente vers l’extérieur et non masticé, ou un tuyau de condensats en contre-pente à l’intérieur du profilé.
Peut-on installer une goulotte soi-même ?
Poser le profilé est à la portée d’un bricoleur équipé. Mais la liaison frigorifique qu’il abrite doit être cintrée, dudgeonnée, tirée au vide et mise en service par un professionnel titulaire de l’attestation de capacité fluides frigorigènes.
Combien de temps dure une goulotte PVC en extérieur ?
Une goulotte PVC traitée anti-UV de bonne qualité tient 10 à 15 ans, avec un léger jaunissement possible plein sud. Une goulotte d’intérieur non traitée UV détournée en façade devient cassante en deux à trois étés.
Ce qu’il faut retenir
La goulotte coûte quelques dizaines d’euros sur un chantier à plusieurs milliers, mais c’est elle que vous regarderez tous les jours. Trois réflexes : choisir une section généreuse (80×60 mm couvre la majorité des cas), exiger le jeu complet d’accessoires de la même gamme plutôt que des coupes bricolées, et vérifier la pente continue du condensat.
Une goulotte mal posée n’est jamais un défaut isolé : c’est le symptôme d’un chantier mené trop vite. La meilleure protection reste de comparer plusieurs professionnels sur des devis détaillés, ligne par ligne. Pour aller plus loin, voyez aussi l’entretien annuel de votre climatisation.
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